Étude

Les dépenses contraintes des Français

CSA / lesfurets

Le prolongement de la crise sanitaire continue de peser sur le moral des Français malgré un pouvoir d’achat globalement préservé (+0,6%)1 de façon artificielle avec les aides massives déployées par l’État. Mais ce chiffre cache en réalité des disparités importantes en fonction des situations des Français.
lesfurets, premier comparateur en ligne sur les dépenses contraintes, en partenariat avec CSA Research, dévoile ce-jour la seconde édition de son Indice national des dépenses contraintes qui mesure le pouls économique des Français via la part du budget consacrée, chaque mois, aux dépenses incontournables dans les foyers. Cette nouvelle vague apporte un éclairage encore plus affiné avec une surpondération de la population interrogée en régions et une mise en lumière des résultats par profil de foyer en fonction du poids des dépenses contraintes sur leur pouvoir d’achat.

Un podium des régions bouleversé

Pour cette seconde édition, le top 3 des régions où les dépenses contraintes pèsent le plus sur le budget des Français présente des nouveautés. En effet, les régions Hauts-de-France (1019€) et Auvergne-Rhône-Alpes (1017€) quittent le classement et laissent place aux régions Grand Est (1116€) et Île-de-France (1070€). La région Bourgogne Franche-Comté (1174€) occupe toujours la tête du classement.
Dans le détail :
● La Bourgogne-Franche-Comté reste en tête du podium avec un budget moyen de 1174€. Les postes de dépenses les plus importants sont le logement (653€), les transports (283€) et les frais de santé (114€). Contrairement aux autres régions, les postes transports (283 soit +65€), communication (100€ soit +20€) et services financiers (107€ soit +34€) sont particulièrement élevés dans la région par rapport à la moyenne nationale. A noter que les dépenses d’assurance automobile (105€), de carburant (111€), les frais bancaires (43€) et les frais de remboursement d’un crédit à la consommation (221€) sont parmi les plus élevés en France.
● Le Grand Est arrive en seconde position avec une somme dédiée aux dépenses contraintes de 1116€. De même, le logement (689€), les transports (220€) et les frais de santé (112€) sont les postes de dépenses les plus importants. Dans cette région, le poids des dépenses contraintes semble globalement plus élevé sur l’ensemble des postes (logement, communication, transports, santé et services financiers) avec une différence significative pour les dépenses de gaz, fioul et chauffage collectif, nettement plus importantes (101€ vs. 84€ pour l’ensemble) et dues en grande partie aux aléas météorologiques.
● En Île-de-France, les dépenses contraintes s’élèvent à 1070€ et sont portées par le logement (720€), les transports (185€) et les frais de santé (102€). Les frais relatifs au loyer ou au remboursement d’un crédit immobilier constituent bien entendu un poste de dépenses critique pour les Franciliens et sont toujours plus élevés en Île-de-France (809€). Mais ces coûts sont contrebalancés par des frais de transport (185€ vs. 218€ pour l’ensemble) ou des services financiers (52€ vs. 73€ pour l’ensemble) plus faibles.

Un poids et un nombre de dépenses contraintes qui restent stables

Les Français déboursent en moyenne 1055€ par mois pour leurs dépenses contraintes (vs. 1061€ en novembre 2020) et en ont toujours 11 au sein de leur foyer. Le montant dédié aux dépenses contraintes tend à croître significativement selon les revenus du foyer. En effet, les revenus les plus modestes déboursent en moyenne 888€ par mois pour leurs dépenses contraintes tandis que les plus hauts revenus dépensent 1481€. Cet écart très important s’explique par le fait que les catégories les plus aisées ont un niveau de loyer (1159€) nettement supérieur aux catégories les plus modestes (457€). D’une manière générale, le montant moyen déboursé pour chacun des items tend à augmenter en fonction du niveau de revenus à l’exception de l’eau qui demeure relativement stable.
Les dépenses les plus onéreuses sont :
- Le loyer ou le crédit immobilier : 662€ en moyenne par mois (vs. 652€ en novembre 2020, stable) ;
- Le crédit automobile : 186€ en moyenne par mois (vs. 185€ en novembre 2020, stable) ;
- Le crédit à la consommation : 153€ en moyenne par mois (vs. 169€ en novembre 2020, en baisse : un effet des confinements et couvre-feu successifs, qui auraient réduit les besoins de trésorerie des Français).
Par ailleurs, le nombre de dépenses contraintes reste relativement stable car une partie d’entre elles sont communes à la quasi-totalité de la population française : celles qui relèvent des besoins vitaux (logement, eau, électricité) et de la communication (téléphonie, Internet et télévision). L’assurance habitation (93%), l'électricité (93%), la téléphonie mobile (93%) sont donc les 3 postes de dépenses les plus présents dans les foyers français suivis de près par les abonnements internet (90%) et les factures d’eau (89%).
Logement, transports et santé : top 3 des postes de dépenses
Le poste de dépenses le plus important reste sans surprise le logement (657€)
Ce chiffre présente néanmoins de grandes disparités en fonction de l'âge. Les 25-34 ans (795€) et les 35-49 ans (841€) sont ceux qui possèdent les frais mensuels de logement les plus élevés tandis que les plus jeunes et les “65 ans et plus” déboursent respectivement 534€ et 468€ par mois pour leur logement.
Si l’on regarde ce poste en détail :
- Le loyer ou le remboursement d’un crédit immobilier constitue la dépense la plus onéreuse pour les Français (662€). Comparer son assurance emprunteur permet d’économiser de 10000€ à 15000€ sur toute la durée de vie de son crédit immobilier.
- Les frais d'électricité (89€) et de chauffage (84€) constituent également des dépenses significatives. En comparant les offres, on peut économiser jusqu’à 15% sur ses contrats d’énergie avec lesfurets.
- L’assurance habitation représente une dépense moyenne de 62€ par mois.
- L’eau constitue une dépense moyenne de 48€ par mois.
Les frais relatifs aux transports (218€) sont le deuxième poste de dépenses le plus élevé après le logement
En plus de l’emplacement géographique, les frais de transport peuvent également varier en fonction de l'âge. En effet, les catégories dites “actives”, comme par exemple les 25-34 ans (239€) ou les 35-49 ans (241€) déboursent en moyenne plus d’argent pour leurs transports que les 18-24 ans (161€) et les “65 ans et plus” (186€).
Si l’on regarde ce poste en détail :
- Le remboursement d’un crédit automobile (186€) augmente mécaniquement le poids de ce poste dans le budget des Français ;
- Les frais de carburant (94€) sont également particulièrement significatifs pour l’ensemble des Français ;
- L’assurance automobile représente plus d’un tiers de ce budget (84€). Une part importante quand on sait qu’en comparant les offres, un automobiliste pourrait économiser en moyenne jusqu’à 308€ à garanties équivalentes avec lesfurets ;
- Le forfait de transport en commun représente en moyenne 50€ par mois.
Les frais de santé (99€) constituent le troisième poste de dépense le plus élevé
La première vague de l’Indice des dépenses contraintes avait montré que les frais de santé tendent à augmenter en fonction de l’âge des personnes interrogées. Cette nouvelle vague confirme encore la tendance. En effet, les “65 ans et plus” (134€) dépensent en moyenne près de 3 fois plus par mois pour leur assurance santé que les 18-24 ans (47€). Sans surprise en ce contexte de crise sanitaire, les Français s’intéressent de plus en plus à leurs contrats d’assurance santé et en évaluent les garanties (+6% de demandes de devis chez lesfurets en 2020). En effet, l’année 2020 a été propice à un regain de croissance sur l’assurance santé, en partie dû à la crise sanitaire mais pas uniquement. La mise en place totale de la réforme du 100% santé, au 1er janvier 2021, permet de bénéficier d’une meilleure prise en charge notamment sur les frais de soins dentaires, auditifs et optiques. Aussi, la résiliation infra-annuelle offre la possibilité de résilier son contrat de santé privé après un an d’adhésion, sans frais ni pénalités. Ces nouveautés en faveur du pouvoir d’achat n’ont pas échappé aux Français.
Si l’on regarde ce poste en détail :
- Les frais d’assurance santé couvrent la quasi-totalité du budget avec une moyenne de 95€ par mois.
Les frais de communication (téléphonie et internet) représentent le quatrième poste de dépense avec une moyenne de 80€ par mois
- Les frais de téléphonie mobile (30€) et fixe (36€) sont relativement stables quel que soit l'âge des personnes interrogées ;
- L’abonnement internet-télévision représente une somme mensuelle de 44€.
Enfin, en ce qui concerne les frais relatifs aux services financiers (73€), il convient de noter que pour la part de Français (25%) ayant recours à un crédit à la consommation, les frais mensuels de remboursements (153€) en font la troisième dépense la plus onéreuse après le crédit immobilier (662€) et le crédit automobile (186€). Le crédit à la consommation apparaît donc aujourd’hui comme une dépense dont il est difficile de faire l’économie pour de nombreux foyers français.

Des situations disparates en fonction des profils de foyers

Bien que cette seconde édition de l’Indice des dépenses contraintes permette de dégager certaines tendances générales selon la région, l'âge et le revenu, des situations disparates se cachent en réalité en fonction des profils de foyers.
Les profils ayant le budget dédié aux dépenses contraintes le plus bas sont les jeunes (18-24 ans) avec 769€ - dont les besoins en termes de logement constituent le principal déterminant, et les seniors avec 854€ pour les femmes seniors et 873€ pour les retraités2. Un budget mensuel des seniors plus faible que celui des Français du fait d’un loyer ou d’un crédit immobilier, de frais de transports et de frais financiers (frais bancaires ou crédit à la consommation) moins importants. A l’inverse, le poids de leur assurance santé et mutuelle demeure plus élevé. Les seniors et retraités, qui disposent traditionnellement d’un pouvoir d’achat plus important, révèlent ainsi un mode de vie plus modéré et des besoins moins importants (surface de logement, dépenses vestimentaires et alimentaires, loisirs, …). Les inactifs disposent également d’un budget dédié aux dépenses contraintes relativement bas (863€), avec un poste dédié au loyer (552€) qui représente 64% de ce budget. De plus, ils ont des frais de santé particulièrement importants (120€) du fait qu’ils sont obligés de prendre une mutuelle personnelle plus chère qu'une mutuelle professionnelle.
C’est en réalité les Français d’âge intermédiaire (25-49 ans) qui doivent faire face à des dépenses contraintes plus fortes (1199€ pour les 25-34 ans et 1264€ pour les 35-49 ans) : leurs besoins en termes de logement et de carburant pèsent significativement sur leur budget. Cette nouvelle vague confirme les constats pour les couples avec 2 enfants : le budget mensuel est légèrement plus élevé (1573 €) que l’ensemble des Français. Le loyer ou le crédit immobilier, le crédit automobile et le crédit à la consommation s’inscrivent pour eux aussi comme les postes de dépenses les plus importants (respectivement 838€, 189€ et 154€) avec un poids des frais liés au loyer ou au crédit immobilier particulièrement prégnant (+176€ en moyenne par mois).
Néanmoins, lorsque l’on combine le facteur âge avec un niveau socioprofessionnel plus élevé, le montant mensuel consacré aux dépenses contraintes s’envole : les jeunes CSP+ de 18-34 ans enregistrent ainsi un budget mensuel particulièrement élevé pour les dépenses contraintes, à hauteur de 1319€ par mois. En effet, les frais pour le logement (864€) et les transports (234€) représentent les principales dépenses dans leur budget. Ils font également face à des frais financiers plus importants. Ainsi, les jeunes CSP+ ont plutôt connu un desserrement de la contrainte que font peser ces dépenses dans ce contexte de restrictions, alors que les foyers appartenant aux catégories socioprofessionnelles moins favorisées n’ont pas vu le poids de leurs dépenses contraintes diminuer.

Rami Karam, Directeur général du comparateur lesfurets, déclare : « Nous avons souhaité renforcer cet Indice afin d’affiner les résultats par région et par profil. Nous constatons en effet que les dépenses contraintes et leurs poids varient en fonction de cette segmentation. Mais derrière ces grandes tendances se cachent en réalité des situations très diverses. Un an après le premier confinement et une année rythmée par la Covid-19, entre restrictions et couvre-feu, les porte-monnaie des Français ont été fortement affectés. Le combat de la baisse des dépenses contraintes est plus que jamais notre priorité afin de permettre aux Français de reprendre la main sur leurs finances. Les dépenses contraintes représentent en moyenne 30%3 du budget global des ménages et sont mal appréhendées de par leur côté contraignant et complexe. Notre travail est de soulager les Français en les aidant à y passer moins de temps, d’énergie et d’argent pour ainsi optimiser leurs charges et gagner en pouvoir d’achat. »

 

MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE
Cette étude a été réalisée par l'institut CSA Research pour lesfurets, par questionnaire auto-administré online du 24 Février au 04 mars 2021 auprès d’un échantillon de 2005 personnes représentatives de la population française âgées de 18 ans et plus, constitué avec la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de l’individu, stratification par région et catégorie d’agglomération. La construction de l’indice est basée sur la méthode de Laspeyres, notamment utilisée par l’INSEE pour calculer l’indice des prix à la consommation.

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