Rentrée sous tension pour le couple Sarkozy-Fillon.
Après une remontée substantielle de l'exécutif durant le mois d'août générée par des dossiers consensuels (Union pour la Méditerranée, réforme constitutionnelle, Présidence Française de l'Union Européenne, crise géorgienne…), l'Opinion est en cette rentrée attentiste, car sous tension. Elle oscille entre soutien maintenu en matière de politique internationale et inquiétudes économiques et sociales quant à la situation de l'hexagone.
Le Président Sarkozy avec 41% de confiance voit son assise stabilisée. Sa cote de confiance, indexée sur la politique étrangère - Présidence Française de l'Union Européenne oblige- progresse d'un point mais la défiance augmente de 4 points (55%).
Sa contribution lors de la crise géorgienne, la crise afghane qui suscite inquiétudes auront été plutôt favorables au Président. L'incertitude internationale suscite un réflexe à droite comme à gauche légitimiste autour du chef de l'Etat.
La situation économique et sociale génère par contre de l'inquiétude, voir du mécontentement. Dans le détail l'analyse des évolutions par catégories socio- professionnelles révèle trois facteurs qui pénalisent le Président.
D'abord la conjoncture inquiète particulièrement ceux, qui pouvant se projeter dans leur avenir, sont les plus attentifs aux signaux de la vie économique. La baisse est particulièrement marquée chez les plus diplômés (-13 points : 29% de confiance) et les cadres et professions intellectuelles supérieures (-11 points : 33%).
Ensuite la question du financement du Revenu de Solidarité Active (RSA) a sans doute indisposé les petits patrons (-10 points :52%).
Enfin en cette rentrée, le mécontentement d'une partie du monde enseignant et les inquiétudes autour des évolutions du statut de la Poste avec la crainte d'une privatisation entraînent la crispation d'une partie des salariés du public (-9 points : 27%).
Le premier ministre François Fillon, gardien de l'hexagone, connaît les mêmes logiques d'opinion. Il est légèrement plus pénalisé que le Président. Sa confiance recule d'un point avec 44% de confiance et la défiance progresse de 3 points (48%).
Au total, cette rentrée est placée pour l'Opinion sous le signe de l'incertitude. Au plan international, cela génère plutôt un réflexe autour du Président, mais au plan national, le mécontentement progresse. L'absence d'alternative nationale fait que nonobstant les craintes ou insatisfactions à l'égard du Président, cette incertitude devient un mode de gestion de l'Opinion ou celle-ci décrypte la conjoncture, restreint son champ de vision et retient son souffle.
Stéphane ROZES
Directeur Général de CSA
Directeur du Pôle opinion, image et stratégies
Maître de conférences à Sciences Po Paris